L’écart de prix entre le pétrole moins onéreux qu’en juin 2022 et le gasoil plus cher dans certaines pompes marocaines suscite l’interrogation. Les consommateurs demandent des explications détaillées sur les coûts d’approvisionnement, les marges des fournisseurs et le cadre fiscal qui régissent les carburants.
Le mardi 6 octobre 2026, à 14 h 30 GMT, le cours du Brent était évalué à 98,48 dollars le baril, redescendant ainsi en dessous du seuil des 100 dollars. Toutefois, dans les lieux où le diesel est présenté à 16,35 DH le litre, le conducteur marocain débourse plus qu’à la mi-juin 2022, période où le prix du pétrole brut excédait les 123 dollars. Cet écart nécessite une clarification plus approfondie que simplement une analyse globale des tensions à l’échelle internationale.
Le précédent est consigné. Le 14 juin 2022, le Brent était coté à 123,38 dollars le baril. Le jour suivant, dans diverses stations-service de Casablanca, les tarifs du gasoil oscillaient entre 15,61 et 15,63 DH le litre.
En utilisant 15,62 DH comme base, la différence est évidente : le prix du brut est actuellement environ 20 % inférieur, tandis qu’un litre de diesel qui est à 16,35 DH revient à près de 4,7 % de plus. Le coût d’un plein de 50 litres est désormais de 817,50 DH, comparativement à 781 DH auparavant, ce qui représente une augmentation de 36,50 DH. Cette comparaison se base sur des prix spécifiques et ne reflète pas une moyenne au niveau national.
Toutefois, cette différence seule ne permet pas de tirer des conclusions sur des profits exceptionnels chez les revendeurs. Le Maroc fait appel à l’importation de gasoil raffiné, dont le coût peut varier indépendamment de celui du pétrole brut. Pour analyser les coûts d’approvisionnement et leur impact sur les prix marocains, le Conseil de la concurrence se réfère principalement aux cotations des produits raffinés du marché Amsterdam-Rotterdam-Anvers.
Le prix est également influencé par le taux de change entre le dollar et le dirham, les taxes, les coûts de transport et de stockage, ainsi que les dates d’acquisition des cargaisons. Une diminution du prix du Brent dans la journée ne peut donc pas à elle seule provoquer une réduction instantanée des prix à la pompe.
Cependant, cette complexité économique n’exempte personne de devoir rendre des comptes. Si l’affinage du gasoil continue d’être coûteux en dépit de la chute du prix du brut, les statistiques devraient l’attester. Si les dépenses logistiques ont grimpé, il faut préciser leur importance. Si les marges se sont étendues, leur progression doit être divulguée au public.
Un autre élément crucial est la rapidité de la réaction aux fluctuations. Les vendeurs mettent-ils en œuvre les augmentations avec la même rigueur que les diminutions ? La réponse nécessite une analyse comparative continue entre les prix du gasoil raffiné, les dépenses d’acquisition réelles et les tarifs appliqués dans les stations-service.
Il convient d’examiner l’argument des stocks sous tous ses aspects. Un retard dans la diminution pourrait être dû à des livraisons acquises à coûteux. Cependant, quand les prix augmentent, il faut aussi considérer les stocks achetés à un coût inférieur. Le client doit avoir la possibilité de contrôler que les délais de répercussion suivent une approche cohérente, indépendamment de l’orientation du marché.
L’État doit également clarifier sa contribution au coût total. Quel pourcentage des 16,35 DH versés pour un litre de gazole correspond aux taxes prélevées ? Il est crucial de différencier entre taxes fixes et prélèvements proportionnels : les premières demeurent constantes indépendamment de l’augmentation du prix du produit, alors que les seconds peuvent générer un plus grand revenu lorsque leur base imposable s’élargit, même si le taux reste le même.
Cette obligation de transparence s’applique à l’ensemble du processus. Les importateurs, les distributeurs et les gestionnaires de stations ne se trouvent pas à la même place et ne possèdent pas les mêmes marges. Une marge commerciale brute n’est pas non plus un bénéfice net. Mélanger ces concepts diminuerait la force de la critique ; les différencier faciliterait l’attribution des responsabilités.
Le défi va au-delà du simple réservoir plein pour les automobilistes. Le coût du diesel impacte le transport de biens, les livraisons ainsi que plusieurs activités professionnelles et agricoles. Son augmentation de coût peut se répercuter sur les prix des produits et services, affectant également les familles qui n’ont pas de voiture.
Une comparaison publique et approfondie entre juin 2022 et octobre 2026 pourrait permettre d’éviter des débats basés sur des impressions : prix d’achat du gasoil raffiné, taux de change, transport, fiscalité et marges à chaque étape. Elle fournirait un socle robuste pour distinguer ce qui relève des obligations internationales et ce qui pourrait être corrigé au Maroc.
Avec un prix de 16,35 DH le litre, le client a le droit d’exiger des explications. Les chiffres doivent établir la présence de profits excessifs. Il est non seulement tout à fait justifié de demander des explications sur cette facture, de surveiller les marges et de s’assurer de la mise en œuvre des réductions.



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