La controverse concernant les frais d’inscription pour les programmes de master et de doctorat des universités publiques marocaines a récemment atteint un nouveau niveau. Les organisations de protection des droits de l’homme critiquent une décision qu’elles considèrent capable de compromettre le principe d’équité et d’entraver l’accès à l’enseignement supérieur, tandis que les recteurs des universités publiques ont adopté une attitude qualifiée de complicité, susceptible d’intensifier davantage la polémique.
Au centre de la controverse : la supposée réforme soutenue par la coalition tripartite, qui est censée être mise en application lors de la rentrée universitaire 2026-2027. Cette mesure a pour but d’établir une structure tarifaire uniforme pour les fonctionnaires et les employés participant au système des horaires flexibles.Les sommes mentionnées se révèlent particulièrement importantes : jusqu’à 15 000 dirhams annuel pour un master, et 20 000 dirhams chaque année pour un doctorat.
Naoufal Bouamri, qui préside l’Organisation marocaine des droits humains (OMDH), a fermement critiqué une décision qu’il considère comme une atteinte à l’égalité des chances. Comme il le souligne, « l’Université publique marocaine a pour mission de générer le savoir et l’innovation, de renforcer les sciences et la production académique, et non de créer de nouvelles formes d’exclusion ou de discrimination basées sur la classe sociale ou le niveau de revenu. » L’éducation n’a jamais été un produit commercial et ne devrait pas se transformer en tel. C’est un droit fondamental et constitutionnel. « La sélection devrait se baser uniquement sur la compétence, et non sur les conditions sociales, la capacité financière ou le niveau de revenu ».
Dans une déclaration diffusée le 7 août 2026, les responsables des universités ont souligné que les établissements universitaires possèdent le statut d’institutions publiques avec une personnalité juridique ainsi qu’une autonomie en matière pédagogique, scientifique et financière. Ils précisent aussi que l’organisation de formations à des horaires flexibles est conforme à la loi n° 59.24 concernant l’enseignement supérieur et la recherche scientifique.
En optant pour la défense du mécanisme, au lieu de prêter l’oreille aux préoccupations grandissantes formulées par les étudiants et les intervenants de la société civile, les chefs d’université s’exposent au risque de se retrouver au cœur d’une contestation qui va bien au-delà de la simple problématique numérique. Cette position questionne donc la fonction même de l’université publique : plutôt que d’agir comme une forteresse institutionnelle contre les inégalités d’accès à la connaissance, ne courent-ils pas le risque, en acceptant implicitement cette logique commerciale, d’ajouter leur contribution à l’instauration graduelle d’une marchandisation de l’enseignement supérieur ?



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