Dans la baie de Betoya, le terminal à conteneurs vient tout juste de subir un test grandeur nature. L’escale-test du MSC Nita pave la voie pour les premières activités commerciales, attendues pour le quatrième trimestre de 2026.
Trois portiques Super Post-Panamax ZPMC sont déjà érigés, et juste à côté du quai, le MSC Nita est amarré. Il est là pour tester le terminal. Finalement, West Med Container Terminal a communiqué ce que tout le monde espérait sur le port : le terminal Est est prêt à accueillir ses premiers bateaux de commerce, avant même la date limite du dernier trimestre.
Derrière cette journée se cachent dix ans de poussière, de dragage et de béton. Une jetée principale d’approximativement 4 200 mètres, une contre-digue d’environ 1 200 mètres, et 5,4 kilomètres d’infrastructures qui empêchent la houle de se rapprocher. Une étendue d’eau d’environ 170 hectares. Déjà quatre kilomètres de quais ont été livrés. Le terminal mesure 1 520 mètres de long et possède une profondeur de 18 mètres, et s’étend sur près de 70 hectares de terre-pleins. Capacité en pleine charge : 3,4 millions d’EVP. Ici, un commandant n’a plus besoin de faire des négociations avec le fonds. Le bateau fait son entrée, se fixe, travaille.
Les nouveaux employés se sont familiarisés avec le parc, les allées et la cadence des RTG. Les vétérans de Marsa Maroc ont réintroduit les habitudes de Tanger Med. WMCT exploite le terminal pour une durée de 25 ans : Marsa Maroc détient 50 % plus une action, tandis que Terminal Investment Limited — la division terminale de MSC — en possède 50 % moins une action. Les initiales grues STS ont été acheminées par voie maritime, déballées, assemblées et mises à l’épreuve. Sur le long terme, le projet prévoit l’installation d’environ quinze portiques de quai et multiple chariots de parc. Dans la tour de contrôle, le VTS observe le trafic. Le PMIS exécute les directives de manière consécutive. Au large, les remorqueurs de 28 mètres de West Med Towage attendent leur prochaine tâche d’accostage.
Au quatrième trimestre 2026, le terminal Est est le premier à partir. En 2027, il est prévu que le terminal Ouest, les postes d’énergie, les marchandises diverses et le vrac suivent le déploiement du roulier. Le terminal Ouest s’étend sur environ 60 hectares et a une longueur de 1 440 mètres — dont 900 mètres sont dédiés aux conteneurs, tandis que 540 mètres servent à d’autres usages — avec une capacité d’1,8 million d’EVP. Marsa Maroc et CMA CGM investissent 280 millions d’euros lors de la première étape du projet. En perspective, on prévoit la première infrastructure de GNL du pays, avec une capacité annoncée de 5 milliards de mètres cubes par an ; ainsi que la possibilité de traiter des hydrocarbures jusqu’à 25 millions de tonnes et du charbon et autres vracs jusqu’à 7 millions de tonnes. Lors de sa première génération, le complexe a pour objectif de gérer environ 5 millions de conteneurs et 35 millions de tonnes de produits en vrac. Le projet public-privé avoisine les 51 milliards de dirhams.
Sans voie d’accès, tout ceci resterait bloqué entre la mer et la montagne. L’autoroute Driouch-Nador West Med, qui s’étend sur 27 kilomètres et coûte 7,8 milliards de dirhams, est maintenant achevée à plus de 95%. Les travailleurs achèvent la signalisation. La RN16 a déjà été aubegée en double voie. Il faudra diminuer la longueur du trajet des camions en réduisant la distance entre Guercif- Nador et l’axe vers Fès. 700 hectares de zones d’activités sont en cours de préparation, situés derrière les clôtures. Ces hangars sont déjà perçus par les familles de Driouch et de Nador comme une opportunité d’avoir une rémunération régulière. Certains industriels ont commencé leur établissement à Betoya.
L’emplacement est situé à environ 130 milles marins de Gibraltar, le long de la route Suez-Détroit. Tanger Med demeure le point de stockage majeur dans la région ouest. Nador West Med capte l’est : le chargement à bord de MSC et de CMA, le pétrole, le gaz, les matériaux en vrac, et une voie pour l’Oriental.
Le MSC Nita n’a réalisé qu’une seule passe. Les hommes ont maintenu la cadence. Les machines ont répondu. Un autre navire va amarrer dans les prochaines semaines, et celui-là, il sera pour de bon. La baie de Betoya sera transférée de l’étape de construction à l’étape de montage.



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