Energie: 3.500 MW de stockage pour réussir la transition énergétique

Energie: 3.500 MW de stockage pour réussir la transition énergétique

Fin avril dernier à Marrakech, l’ONEE et la Fédération de l’énergie ont convoqué les intervenants du domaine pour relever un défi crucial : l’intégration massive des énergies renouvelables – qui représentent déjà 47% de la composition nationale – sans compromettre la stabilité du réseau électrique. Dans le cadre d’un programme d’investissement colossal dépassant les 180 milliards de dirhams d’ici 2030, l’ONEE prévoit de se doter de plus de 3.500 MW de capacité de stockage, 4.500 MW de ressources flexibles au gaz naturel et l’extension de son réseau avec 6.000 km de nouvelles lignes à très haute tension.

Le système électrique au Maroc se trouve à un point de basculement. Le Maroc, avec déjà 5.730 MW d’énergies renouvelables qui représentent presque 47% de son mix énergétique national, et ayant engagé plus de 180 milliards de dirhams d’investissements, se prépare à passer à la vitesse supérieure : dépasser l’objectif national de 52% d’énergies renouvelables par le biais de l’ajout de 12,5 GW supplémentaires programmés d’ici 2030.

Cette expansion pose cependant un défi majeur : comment faire face à l’intermittence des énergies solaires et éoliennes en temps réel, tout en préservant la stabilité du réseau ? C’est exactement ce point qui a fait l’objet d’une réunion tenue fin avril dernier à Marrakech, orchestrée par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) en collaboration avec la Fédération de l’énergie.

L’approche de l’ONEE s’articule autour de quatre piliers complémentaires. Concernant le stockage, l’Office met en place un système de grande ampleur comprenant deux Stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) déjà en service d’une puissance totale de 814 MW, une solution de stockage thermique de 510 MW, deux STEP supplémentaires actuellement en cours de développement pour ajouter 700 MW, et finalement 1.550 MW via les systèmes de batteries BESS (Battery Energy Storage System). On prévoit une capacité de stockage dépassant les 3.500 MW d’ici à 2030.

L’ONEE envisage également l’expansion de plus de 4.500 MW de capacités flexibles à base de gaz naturel, destinées à garantir la sûreté d’approvisionnement lors des pics de consommation ou des baisses de production renouvelable.

La troisième dimension porte sur le développement du réseau national de transport, englobant l’édification de plus de 6.000 km de nouvelles lignes en très haute tension (THT) avant 2030, complétées par des liaisons supplémentaires HVDC et UHT. Finalement, le quatrième levier est la numérisation du système électrique, qui permet une gestion efficace et instantanée des flux d’énergie à l’échelle nationale.

En plus des éléments techniques, les deux coordinators ont souligné l’importance du partenariat dans cette transformation. Pour que l’intégration à grande échelle des énergies renouvelables soit réussie, il est essentiel d’établir une collaboration étroite entre les acteurs publics, les entreprises privées et les investisseurs. Cela permettrait de transformer les enjeux de la transition écologique en moteurs de croissance économique et d’indépendance énergétique nationale.

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