Des vidéos accusant la pastèque marocaine d’être infestée de pesticides ou de vers ont entraîné une véritable paranoïa chez les consommateurs. En dépit des vérifications constantes de l’ONSSA, la valeur du fruit a chuté jusqu’à 1 dirham le kilogramme…
À l’instar de chaque saison estivale, la pastèque marocaine devient le sujet de publications angoissantes sur les réseaux sociaux. Des clips publiés sur Facebook, TikTok et Instagram prétendent, sans fondement scientifique, que quelques fruits sont atteints de pesticides, envahis par des larves ou non consommables.
Ces contenus ont fini par semer le doute parmi certains consommateurs. Sur le marché de gros de Casablanca, les professionnels remarquent un ralentissement considérable des transactions ainsi qu’une importante diminution du nombre de camions chargés des récoltes.
Le coût du kilogramme, qui était initialement de 4 à 5 dirhams au début de la saison, a maintenant chuté à entre 1 et 2 dirhams sur le marché de gros. Il n’excède généralement pas 2 dirhams chez certains commerçants, néanmoins, cette réduction ne parvient pas à stimuler la demande.
Cependant, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires assure que les inspections menées n’ont pas dévoilé de déviation. En juin 2026, l’analyse avait été conduite sur plus de 5 600 échantillons de fruits et légumes, dont 557 échantillons de pastèques. Le Matin rapporte que tous étaient en conformité avec les normes sanitaires actuelles.
Depuis 2023, aucune notification relative à la pastèque marocaine n’a été signalée dans les données européennes. Parmi les 625 alertes notées en 2026 sur des fruits et légumes importés dans l’Union européenne, trois étaient liées à des produits marocains, mais aucune n’a concerné la pastèque.
D’après Bouazza Kherrati, président de la Fédération nationale des droits du consommateur, le déploiement continu de ces rumeurs risque d’être bénéfique à certains acteurs intermédiaires. Ces derniers pourraient inciter les producteurs à vendre leurs récoltes à des prix très bas en réduisant la demande. Cependant, aucune preuve formelle ne soutient cette hypothèse.
Les professionnels encouragent désormais l’ONSSA à être plus transparent sur ses vérifications pour apaiser les consommateurs. Ils réclament aussi une présence plus marquée dans les marchés, alors que les agriculteurs portent déjà le fardeau financier de cette nouvelle vague de défiance.

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