Green agriculture: la nouvelle strategie du Maroc

Green agriculture: la nouvelle strategie du Maroc

Confronté à la raréfaction des ressources en eau et aux effets du changement climatique, le Maroc met les énergies renouvelables au centre de sa politique de sécurité alimentaire et d’évolution économique. Ainsi, le Royaume se positionne comme un exemple régional de résilience intégrée.

Dans la région MENA, le Maroc se démarque par une stratégie ambitieuse et organisée en matière de transition énergétique. D’après le Middle East Programme de l’International Institute for Strategic Studies (IISS), le Royaume possède un ensemble de projets d’énergie renouvelable d’environ 24 gigawatts (GW), qui pourrait multiplier par quatre sa capacité existante d’ici 2030 grâce à l’initiative Green Generation 2020-2030. Au-delà d’une simple approche écologique, cette stratégie a pour objectif de protéger un secteur agricole qui procure du travail à près de 40% de la main-d’œuvre et qui est déjà affecté par le stress hydrique et la sécheresse.

Le Royaume structure ses initiatives en matière de renouvelables autour d’investissements considérables dans la gestion de l’eau. Le Plan National de l’Eau 2020-2050, avec un budget de 45 milliards de dollars, envisage la mise en place d’installations de dessalement et de systèmes de pompage fonctionnant grâce à l’énergie solaire ou éolienne. L’IISS met en relief que ces installations ont pour but de préserver la production agricole, diminuer la dépendance vis-à-vis des importations alimentaires et anticiper la pénurie d’eau prévue pour les prochaines décennies.

Un soutien institutionnel

Simultanément, l’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) met à jour ses systèmes et investit dans le stockage hydroélectrique et l’intégration de l’hydrogène vert, dans le but de réduire sa sensibilité aux variations du marché énergétique et aux coupures d’approvisionnement. 

Cette démarche proactive se distingue de celle de plusieurs pays de la région, où les projets d’énergies renouvelables sont entravés par des conflits, une instabilité politique ou une mauvaise administration. Qu’il s’agisse de l’Irak ou du Liban, les coupures d’électricité fréquentes et l’insuffisance d’investissements dans les infrastructures font obstacle à une planification énergétique sur le long terme. Même l’Égypte, qui progresse plus vite, est confrontée à des réformes économiques et des restrictions financières pour séduire les investissements indispensables. L’Institut de recherche britannique souligne que la stabilité réglementaire du Maroc attire les investisseurs et les partenaires technologiques.

Le choix du Maroc repose aussi sur la sécurisation des chaînes d’approvisionnement stratégiques. Tandis que la Chine est en tête de la production mondiale de lithium, de cuivre et d’autres matériaux cruciaux pour les énergies renouvelables, le Maroc opte pour une stratégie d’intégration verticale et d’innovation locale afin d’assurer la pérennité de ses projets. On privilégie les solutions de stockage, comme les batteries destinées à l’électrification des pompes et les installations solaires, afin de réduire la dépendance externe et anticiper les défis à venir.

Ainsi, pour le Maroc, l’expansion des énergies renouvelables n’est pas un but en soi, mais un outil tangible pour renforcer la résilience nationale. Cela favorise la pérennité de la production agricole, assure l’accès à l’eau et soutient la modernisation de l’industrie, tout en diminuant la contrainte liée aux hydrocarbures importés. Dans une zone aux prises avec une crise énergétique et alimentaire en expansion, le Royaume démontre comment la combinaison d’énergie renouvelable et de sécurité alimentaire peut contribuer à construire un futur durable.

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